Marina Galimberti

30 heures

Dans mon intervention je propose aux étudiants une plongée dans le territoire de la production et de la diffusion documentaire. Après une excursion dans le PAF (le panorama audiovisuel français) et un état de lieux succinct de la production documentaire actuelle - cinématographique, télévisuelle, expérimentale et alternative - j'aborde les genres, les méthodes, les approches, j'introduis la question des droits, j'explore les taches et les étapes d'une réalisation, du sujet à sa diffusion.

Nous débattons ensemble des coûts et des moyens de production et inventorions les lieux de création, de production et de diffusion. L'objectif des cours est d'adopter une approche vivante, ne réduisant pas ces apprentissages à un ensemble de notions pratiques et techniques, mais les reliant d'emblée au travail de conception et de construction d'un film, dans un mouvement circulaire entre deux maillots tenants d'une même chaîne : avancer sur les aspects de la production permet d'approfondir la conception et de densifier le sujet, enseigne à poser et à se poser les bonnes questions, à faire les choix opportuns à toutes les étapes d'une réalisation.

Afin de montrer aux étudiants que la réflexion conceptuelle et la création ne peuvent pas être disjointes de la connaissance du terrain, je les invite à une immersion dans les "arcanes" de la production documentaire, par une simulation dont ils sont les sujets agissants et leur film est l'objet et le moteur. Les modalités de l'immersion sont, entre autre, le repérage, l'enquête, l'engagement, dynamiques essentielles aussi du côte de la conception.

A partir du moment où un sujet prend forme dans la tête et le cœur de l'auteur, comment doit-il se mouvoir dans le marché du documentaire, face à un producteur, avec l'équipe technique ou auprès des personnages de son film ? Quels sont les usages, les besoins, les moyens ? A quel moment et comment les aborder ? J'attaque ces questions du point de vue "subjectif" du réalisateur (alias ici chaque étudiant) qui doit construire la relation avec un producteur, puis avec les divers interlocuteurs, les espaces et les situations, afin que son projet aboutisse.

Au fil de cours, les étudiants avancent dans un territoire qui devient peu à peu connu, découvrent des pistes pour définir ce qui est essentiel et ce qui est superflu - à l'écriture, au tournage, au montage -, recueillent des informations sur les moyens et les contraintes, tout en créant un allée/retour productif entre les exigences de la conception, les besoins de la production, les attentes de l'exploitation. De plus, les notions pratiques acquises leurs seront directement profitables dés la recherche du stage, puis tout au long de leur vie professionnelle, pour débuter un sujet, négocier un soutien, développer un argumentaire, convaincre, défendre et imposer ses projets.

L'élaboration de deux "objets concrets" cadencent et favorisent l'apprentissage :

1) Le dossier de production, avec ses rubriques, son argumentaire, son mode de présentation, est le préalable à toute démarche de financement. Il s'agit ici pour chaque étudiant de simuler la fabrication d'un dossier de demande de financement, sur la base des modèles courants (CNC, SCAM, Régions....), à partir du projet de son film de fin d'année (FFE). L'analyse des aspects financiers et la compréhension des besoins réels du film favorise l'ancrage du travail de conception dans l'existant. La compilation du dossier oblige les étudiants à un retour réflexif sur leur sujet, qui leur permet de le centrer davantage, d'en affiner la forme et renforcer les propos. Ce travail permet aussi de faire un lien avec les apprentissages développés dans d'autres matières enseignées (analyse filmique, rédaction des notes d’intention, écriture du synopsis, demandes d'autorisation,....) en les intégrant dans le processus global de la production. Si les étudiants ne sont pas en mesure de répondre aux questions posées pour la fabrication du dossier de production, si leurs FFE sont développés uniquement par une approche conceptuelle, sans qu'ils soient incarnés dans un territoire réel, il ne seront pas en mesure non plus d'orchestrer et de mener au but leurs réalisations.

2) Mise en place d'une stratégie de diffusion, à partir d'un film réalisé par les étudiants de l'année précédente : en lien avec le réalisateur, préparation de la fiche de présentation et des outils de communication, recherche des diffuseurs potentiels, prise de contacts avec des acheteurs, envoi des films aux chaînes TV, festivals, organismes de diffusions. Ici le point de vue est à l'opposée du précédent : l'étudiant se positionne à distance et à l'extérieur, il s'occupe du film d'un autre réalisateur, il peut l'analyser avec un regard critique, celui du public ou de l'exploitant. En se plaçant en dehors, sans être impliqué en tant qu'auteur, il prend plus facilement conscience des fragilités, des limites ou des qualités du produit. Il saisit des informations dont il se sert dans l'immédiat pour la recherche des diffuseurs appropriés, et qu'il utilisera ensuite pour revenir sur son propre projet et le renforcer. Cet exercice permet aussi de créer un lien, des passerelles et des prolongations entre les étudiants et les films des années précédents et suivants. En travaillant à la valorisation des films d'autres étudiants, il capitalise pour l'année d'après, lorsque des nouveaux étudiants collaborerons avec lui pour la valorisation de son FFE.

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UFR de Sciences Sociales et de gestion
2, rue du Facteur Cheval
91025 Évry Cedex
Secrétariat pédagogique
Véronique Ailem
Formation Continue
Chrystelle Chassaigne

© 2014 Master Image et société : Documentaire et sciences sociales

Master mention sociologie
Spécialité : Image et société - Documentaire et sciences sociales
Domaine
Sciences Humaines et Sociales
Finalité
Professionnelle ou recherche
Accessible en
Formation initiale ou continue