Monique Peyrière

12 heures

Le cinéma ne cesse de faire entendre une certaine réalité du monde, que ce soit en racontant des "histoires" (et c'est là son industrie la plus productive) ou en s'attachant à faire œuvre "utile" : le film documentaire tend alors à présenter un fragment de réel à un spectateur supposé ignorant. Dans tous les cas, écrit Edgar Morin en 1960, "le spectateur le plus passif est quand même, sur un certain plan actif, acteur, au sein d’un dialogue étrange ».

Si la spécificité de ce dialogue est mieux connue pour le cinéma de fiction (voir les notions de projection/identification qu'Edgar Morin développe dans "Le cinéma ou l'homme imaginaire"), qu'en est-il du spectateur dans sa relation à un certain cinéma que l'on nomme "différent", aux frontières de l'expérimentation scientifique, de l'invention technique et de la recherche esthétique? Que cherchent à transmettre de leur expérience du monde les cinéastes qui inventent des dispositifs, des machines, des formats, des écritures spécifiques, dans le but de donner au spectateur l'accès à des réalités par lui inconnues? De quoi le film serait-il le médium, le "passeur", le témoin, le révélateur, voire le performateur ?

Le cours s'intéresse aux films qui déroutent le spectateur de son rapport confortable, routinier, habituel, avec les images animées. Leurs auteurs sont bien souvent moins préoccupés à re-presenter le monde réel, visible, qu'à provoquer chez le spectateur une "expérience" du monde inédite, cognitive, sensorielle, politique. Ce cours s'attache à dresser les contours d'une telle "expérience", au regard d'une démarche traditionnellement qualifiée de "scientifique", celle de chercheurs en sciences sociales qui interrogent le réel avec méthode et expérimentations, pour produire une interprétation qui, in fine, bouscule les évidences. Si les cinéastes et les chercheurs ont parfois en commun une forme de méfiance, de "dissidence" vis-à-vis du "sens commun" et de ce qu'il est d'usage de nommer "réalité", quelles sont en définitive les prérogatives du spectateur sur le lecteur? De quels apprentissages le spectateur est-il supposé devenir l'acteur ?

L’évaluation du cours "Expérimentations cinématographiques et Recherche en sciences sociales" se fait sur la base d’un dossier individuel autour d'une mise en relation entre films, perceptions​ et cognition.

L'objectif est de mener l'étudiant vers une démarche réflexive et conjointe sur sa qualité de spectateur, d'étudiant en sciences sociales et de futur réalisateur/réalisatrice.

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UFR de Sciences Sociales et de gestion
2, rue du Facteur Cheval
91025 Évry Cedex
Secrétariat pédagogique
Véronique Ailem
Formation Continue
Chrystelle Chassaigne

© 2014 Master Image et société : Documentaire et sciences sociales

Master mention sociologie
Spécialité : Image et société - Documentaire et sciences sociales
Domaine
Sciences Humaines et Sociales
Finalité
Professionnelle ou recherche
Accessible en
Formation initiale ou continue